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La Trinité le samedi 15 Mai à 8h30 Ce dimanche 15 Mai, nous nous trouvons à quelques encablures du port du Palais que nous avons quitté ce matin vers 9h30. Pierre, notre skipper, a analysé le parcours qui doit nous ramener à proximité de la Trinité. Il s’agit d’un parcours côtier de 30 milles qui débute par un long bord de près. Pour rejoindre la baie de Quiberon, nous devrons passer par le passage du Béniguet qui sépare la toute petite île de Valuec de l’île de Houat. L'avant port du Palais à Belle-île Équipage de "Nuit bleue" notre First 36.7 Plusieurs heures de courses nous ont ramené dans la baie de Quiberon. Le niveau des équipages des First 36.7 est vraiment homogène car au passage des bouées, nous sommes toujours à moins d’un quart de mille les uns des autres.
Pour cette dernière partie de la course, le vent faiblit à mesure que nous nous rapprochons de la Trinité qui se trouve, comme chacun le sait, au fond de la baie. Pour l’instant, nous sommes cinquième car nous avons réussi à passer devant puis à distancer, « THALES COMMUNICATION ». Pourtant, il règne à bord une certaine tension car une nouvelle menace se profile. Il s’agit du First 36.7 de SCHLUMBERGER.
Petit à petit, il nous remonte sans que nous puissions rien faire. Pour l’instant, il est encore assez loin mais à ce rythme, il nous aura rejoint à la « Roche souris » une « bouée de danger isolé » située à moins de trois milles de la ligne d’arrivée. Pourtant, nous avons allégé au maximum notre bateau. Bien entendu, nous avons démonté les coffres situés dans le cockpit. Pascal a accepté de les mettre dans son break jusqu’à la fin de la course. "Nuit bleue" sous spi à la poursuite des pemiers « Les passions font vivre l’homme, la sagesse le fait seulement durer. Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu ».
Ces First 36.7, Jod 35 et Grand surprise participent au "Trophée Glénans des entreprises" Danse Bretonne : Ambiance garantie Les filles savent chanter Musique et orchestre Breton Le soir, nous nous rendons dans un restaurant ou les « Glénans » ont organisé une soirée. Il s’agit d’un établissement situé sur un domaine ostréicole à l'entrée de la Trinité . Patrick et moi-même connaissions l’endroit car lors de notre première participation, il y a trois ans « les Glénans » y avait organisé une soirée.
L’endroit ne manque pas de charme. Au mur sont accrochés des trophées et des photos dédicacés par des marins dont les noms sont connus « au journal de 20h00. »
La soirée s’annonce animée. Au programme chants marins, orchestre et chanteurs Bretons nous permettent de passer une superbe soirée. Nous nous délectons de fruits de mer ultra frais arrosés d’un Muscadet plus que correct. C’est à regret que nous quittons la soirée vers minuit mais demain matin, il reste une manche à courir et nous voulons être en pleine forme.
En fait, le lendemain matin, faute de vent, la course est annulée. Nous devions courir sur un « parcours banane standard ». Bien sûr nous sommes déçu de ne pas pouvoir en découdre autour de trois bouées avec les autres équipages. D’un autre coté nous ne sommes pas mécontent de notre classement et finalement nous assurons notre septième place. Vers 16h00, nous nous rendons à la salle où a lieu la remise des prix. « Les autorités » présentes saluent le succès de ce Trophée.
Nous avons beaucoup appris lors de ce Trophée. Tout d’abord, nous avons amélioré notre niveau. De 7ème sur 9 l’année passée, nous sommes 7ème sur 14 cette année. C’est donc un net progrès, d’autant plus que, cette fois-ci, nous sommes à quelques minutes des premiers. Ainsi, si l’on tenait compte des cinq courses courues (quatre seulement ont été retenues pour le classement) nous serions à égalité avec France TELECOM à 29,50 points et à ½ point du cinquième US GAZELEC. Ce résultat, nous le devons à nos "entraînements d’hivers" mais aussi à l’esprit d’équipe qui nous a animé. Pourtant au départ, notre équipage d'horizon divers pouvait laisser craindre un manque de cohésion.
Comme la plupart de nos concurrents, nous hissions nos couleurs dans les haubans à chaque retour de course. Voir flotter dans le ciel le drapeau de son entreprise, lorsque l’on a donné le meilleur de soi-même, procure une satisfaction supplémentaire.
Notre espoir est qu’il flotte à nouveau dans vent pour l’édition 2006 du « Trophée Glénans des entreprises ».
Philippe BARRAU Chargé de Missions région PCP
Aussitôt, l’écoute entre en tension, je la laisse filer de quelques centimètres puis ramène, vers moi mes deux bras. Le spi se gonfle doucement. Je reste calme et concentré, attentif au moindre mouvement de l’écoute que je tiens à deux mains.
J’entend
le
bruit
de
l’étrave
de
SCHLUMBERGER
et
ses
équipiers
qui
voient
sans
doute
avec
dépit
la
corolle
se
notre
spinnaker
reprendre
vie.
L’espoir
a
changé
de
camps ! Je sens les battements de mon cœur qui s’accélèrent malgré moi. Curieuse sensation en vérité que de sentir au bout des doigts la victoire, car c’est bien le vent dans notre spi qui nous permet de gagner notre duel contre SCHLUMBERGER.
La corne de brume de bateau comité sonne au moment ou nous franchissions la ligne d’arrivée puis sonne à nouveau quelques secondes plus tard pour SCHLUMBERGER.
Autant dire qu’à bord de « Nuit bleue » c’est le bonheur et les sourires sont accrochés sur toutes les lèvres. Pour autant, nous ne triomphons pas, nous avons frôlé de trop près la défaite pour cela. Pierre Félicite, d’ailleurs, l’équipage de SCHLUMBERGER. Nous les saluons tous de la main. Bravo, ils se sont bien battus mais cette fois ci, Eol, le dieu du vent, était de notre coté. Eol et ... notre skipper dont la science et le sang froid ont fait merveille. Pascal hisse le génois Patrick, les yeux fixés sur les penons du génois Le scénario catastrophe serait que SCHLUMBERGER parvienne à nous dépasser et nous dévente totalement à son passage. Privé de notre spi, SAIPM, sur son élan pourrait, alors, à son tour nous passer à quelques longueurs de bateau de l’arrivée.
Cette éventualité est à prendre au sérieux. D’ailleurs, l’un de nous envisage la possibilité de laisser passer SCHLUMBERGER pour assurer la sixième place. Pierre écarte catégoriquement cette option. Pour lui, il est hors de question de s’avouer vaincu. La tactique gagnante doit être de gagner notre duel avec SCHLUMBERGER.
Pour revenir dans le chenal nous avons empanné une dernière fois. Bâbord amure nous gagnons à petite vitesse la ligne d’arrivée qui se trouve à moins de trois longueurs de bateau. L’étrave de SCHLUMBERGER est à la hauteur de notre tableau arrière. La moindre erreur, « le commencement du début d’une faute » nous condamnerait. Et justement, survient à deux longueurs de l’arrivée un mouvement de barre trop rapide qui provoque le déventement de notre spi qui avait déjà du mal à resté correctement gonflé. D’un seul coup, SCHLUMBERGER amène son étrave presque au niveau de nos haubans. J’entends une voix sombre qui dit :
- Ça y est,
c’est fini Je sens passer sur nous le souffle de la défaite. Je n’y crois pas, ce n’est pas possible depuis trente minutes que nous bataillons avec SCHLUMBERGER nous allons être vaincu à une longueur de la ligne d’arrivée. Je jette furtivement un coup d’œil à notre barreur. Patrick, la barre à la main reste concentré, lui aussi n’accepte pas la défaite. Quant à Pierre, il dispose d’une poignée de seconde pour prendre une décision.
- Patrick,
pousse doucement
ta barre, faites
du poids sur
bâbord !
L’écoute de spi a
deux tours autour du
winch mais n’est pas
passée au self tailing.
Ainsi, si cela était
nécessaire, je pourrais
tirer sur l’écoute pour
border le spi.
Toutefois, pour
l’instant, il n’est pas
question de border quoi
que ce soit, le vent est
encore trop fort et je
ne fais que le
maintenir dans la
position optimum dans
laquelle Pierre l’a
placé. Nous avons passé la bouée « La roche Souris » depuis cinq minutes. La visibilité est bonne, aussi, en scrutant le chenal d’accès de la Trinité on distingue presque la bouée de chenal bâbord « Grassus ». La ligne d’arrivée avec le bateau comité est juste derrière. Nous devrions y être dans dix à quinze minutes. Autant dire une éternité car le First 36.7 de SCHLUMBERGER est désormais à trois longueurs de « Nuit bleue » notre bateau.
Au cours de cette régate, nous aurons grâce à des choix de route plus pertinents mais aussi des réglages de voile plus efficace, réussi à distancer plusieurs fois nos concurrents. Mais là nous sommes impuissant à contenir la remontée de SCHLUMBERGER.
Nous sommes désormais plein vent arrière et le vent a chuté. SCHLUMBERGER, pour nous dépasser, tente de nous lofer afin de venir sur notre tribord. Pierre a tout de suite vu la manœuvre. Pour le contrer il demande à Patrick de lofer également. Patrick tire sur sa barre, simultanément, je laisse filer sur le winch assez de bras de spi pour que le tangon soit à la perpendiculaire de la girouette, Édouard sur le passe avant tribord borde le spi en tirant sur son écoute. Tout cela s’effectue en douceur, la corolle du spi s’est déplacée sans à-coup. La manœuvre a réussi.
Nous ne sommes plus qu’à quelques encablures de la ligne d’arrivée, le vent, de plus en plus faible, parvient à peine à gonfler notre spi. Notre duel avec SCHLUMBERGER nous écarte sensiblement de la route qui conduit à l’arrivée, ce faisant, le First 36.7 de SAIPM, se rapproche dangereusement.
Ensuite, nous avons laissé dans nos coffres de voiture tout ce qui ne nous paraissait pas indispensable. Le reste de nos affaires est centré entre les banquettes du carré.
Le spinnaker de SCHLUMBERGER n’est pas bleu comme le nôtre ni comme celui des autres First 36.7. La coupe semble différente. Et s’il était plus grand !? Plus léger !? plus ….. Nous cherchons une explication à la remontée inattendue et inquiétante de ce bateau. Pourtant, SCHLUMBERGER suit la même route que nous, comme nous suivons la même que celle de LEGRIS SA, le bateau qui nous précède.
Nous sommes depuis un bon moment sous spi à une allure un peu particulière. En effet, nous sommes vent de travers. Pour tenir cette allure, alors que nous sommes bâbord amure, le tangon est pratiquement à l’étai, de sorte que le spi bien bordé se trouve complètement sur tribord, un peu comme un spi asymétrique. La voile est bien gonflée, je suis avec l’écoute de spi à la main sur le passe avant bâbord. Patrick, notre barreur, suit les instructions de Pierre qui lui demande d’empanner puis de virer de bord pour se frayer un passage parmi les bateaux concurrents. Il s’agit d’un moment délicat au cours duquel chacun essaye de se placer au mieux pour franchir la ligne de départ avec le maximum de vitesse. Un nouveau signal sonore nous indique que nous sommes désormais dans la minute qui précède le départ. Les bateaux se croisent, les équipages s’observent, cherchent à deviner les intentions des autres concurrents. Pierre regarde sa montre, plus que trente secondes, nous empannons pratiquement sur place et nous retrouvons tribord amure. Notre route est a présent prioritaire sur les bateaux bâbord amure. Patrick pousse franchement sa barre afin que le bateau se retrouve rapidement au près. Lorsque nous franchissions la ligne, nous marchons déjà à près de quatre nœuds, pourtant, nous nous trouvons au milieu du peloton. Il s’agit donc d’un départ très moyen. Si nous voulons être aux premières places, il va falloir « remonter » plusieurs bateaux. Au bout d’une dizaine de minutes, il faut se rendre à l’évidence, les bateaux qui nous précèdent ne se laisseront pas facilement rattraper. Si nous voulons avoir une chance de faire une bonne place sur cette manche, il va falloir faire autre chose que de suivre les « bateaux de tête ». La décision ne tarde pas, nous entendons Pierre nous dire d’une voix assurée :
- Bon, on va virer, … vous
êtes prêt, …. On vire. Dimanche matin, la température est fraîche La météo est nettement moins clémente que celle de la veille. Le vent souffle à près de 10 nœuds ce qui permettra de bien faire marcher notre bateau. Par contre, le ciel gris menaçant nous indique qu’il pourrait bien pleuvoir sous peu. Nous avons donc tous mis nos bottes et nos cirés afin de nous protéger de la pluie et du froid car la température de ce dimanche matin doit être aux alentours des 12 degrés. Nous entendons le signal sonore qui provient du bateau comité qui avec l’envoi simultané du pavillon I nous indique qu’il nous reste quatre minutes avant le départ.
Le bateau comité
a orienté la ligne de départ de façon à ce que
la route qui mène au passage du « Béniguet »
s’effectue au près.
Savoir changer de route au bon moment
conditionne, pour une bonne part, la réussite
d’une régate. Lorsque que nous arrivons à la bouée « Bonnenn Braz », située au nord-ouest de l’île de Houat, nous avons presque « recollé » aux bateaux de tête, mais c’est en longeant la côte Ouest de Houat que nous passerons deux bateaux. D’abord un X Yacht 332 et ensuite un First 36.7.
Quatorze bateaux sont au départ du 20ème « Trophée Glénans des Entreprises », des grandes entreprises devrait-on dire car parmi les compétiteurs on trouve notamment : Renault, France Télécom, Thales, Air France, Peugeot … Cette année, le niveau est particulièrement relevé puisque plusieurs équipages ont déjà participé au championnat de France de voile corporatif. Pour l’édition 2005, nous avons choisis de courir, comme sept autres équipages, sur un First 36.7. Il s’agit d’un bateau de course-croisière aux dimensions assez proche du Jod 35 sur lequel nous nous sommes entraîné au Havre cet hiver. Après la journée du vendredi 14 Mai, consacrée à la prise en main des bateaux, la compétition a véritablement débuté le jour suivant par un « parcours banane standard » suivi d’un parcours côtier de 27 milles qui de la Trinité nous emmènes jusqu’à Belle-île. Cette première journée de course nous a rassuré sur notre niveau puisque sur les deux premières manches, nous avons réussi à terminer à la cinquième place à quelques minutes des premiers. Pour voire les photos en grand format : Cliquer sur les photos et les liens hypertextes puis taper F11. Ensuite, pour revenir à la page, utiliser le navigateur (la flèche verte en haut à gauche). "Trophée Glénans des entreprises" 2005 ![]() |
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